Votre santé n’est pas que l’affaire des blouses blanches, mais d’abord la vôtre.

Zone de Texte: Les Mains de Masseur

La Franchise, c’est un beau mot...

 

(Novembre 2007)

 

 

Si ceux qui décident, et nous dirigent, utilisaient réellement la franchise, dans leurs propos et leurs actions, nous n’en serions pas là !

Maintenant, c’est ce mot que l’on utilise pour réduire les droits à la santé.

En temps que thérapeute, je rencontre souvent des problèmes de santé qui traînent depuis de nombreuses semaines, lorsque ce n'est pas davantage, parce que, pour le patient, se soigner ça coûte trop, à l'heure actuelle. L'inconvénient, réside dans le fait que, plus on attend, plus les choses se dégradent, et les soins seront plus longs et donc plus onéreux. Que va donner l'avenir ?

Déjà, maintenant, une mauvaise orientation médicale entraîne un délai important entre un traumatisme et une prescription de soins de kiné. Le médecin, mal informé (ou trop informé par des visiteurs médicaux) va commencer par prescrire des antalgiques, des anti-inflammatoires qui réduiront les sensations désagréables, risquant d'amener des effets secondaires …sans pour autant régler la cause du problème.

J'ai entendu récemment un visiteur médical, qui a abandonné ce métier, expliquer ce qu'il notait concernant le médecin qu'il rencontrait. En dehors des considérations purement thérapeutiques, il devait prendre en note tout ce qu'il pouvait savoir sur la vie privée : les nombre d'enfants, âge et sexe, la profession de Madame s'il en a une, jusqu'à la couleur de ses cheveux. Tous ces éléments serviront à faire des cadeaux plus adaptés au Docteur et à sa famille. Et pour avoir un bon copain médecin, je sais que les labos en font des cadeaux ! Il y a aussi de nombreux repas dans des restaurants de haut niveau, des colloques dans des lieux merveilleux... Evidemment, ce ne sont pas ces éléments qui vont obliger le médecin consciencieux à prescrire à outrance, mais ça incite. Il existe même des logiciels de gestion de cabinet médical dont le prix est réduit à condition d'accepter des flashs publicitaires. Et qui paye tout ça ? Les laboratoires, ou finalement ceux qui achètent les médicaments ? Il ne faut pas se poser ce genre de questions, car on pourrait peut-être trouver là une partie de l'argent qui manque à la sécurité sociale...

Mais cela imposerait de faire payer à ceux qui ont les moyens ce que l'on va demander aux plus modestes.

Un médecin a osé critiquer un traitement hormonal pour la ménopause à cause d'effets secondaires importants (cancer du sein, notamment). Ce traitement était promotionné par un professeur de haut niveau. Le traitement était fabriqué par un laboratoire qui payait indirectement les travaux du professeur. Dans un premier temps, l'ordre des médecins donna un blâme au médecin. Plus tard, au vu d’enquêtes importantes, le blâme a été levé, mais je n'ai pas entendu parler de sanction envers le professeur…

Certains médecins se méfient des médicaments génériques car les présentations et dosages sont différents des produits de marque. Déjà, maintenant, dans certains départements où les génériques sont peu distribués, des décisions ont été prises. Le patient peut obtenir à la pharmacie la marque précise, mais il devra payer et se faire rembourser après. Que peuvent faire ceux qui ont des traitements chers et peu de moyens financiers ??

La franchise représentant 50 centimes sur un médicament, c'est peu, apparemment, pour des prescriptions onéreuses. Mais pour des personnes aux problèmes de santé multiples, les personnes âgées notamment, il y a plusieurs médicaments, ceux qui sont réellement thérapeutiques, et puis ceux qui doivent réduire les effets secondaires des premiers, et alors là, la note peut être salée !

Et pour les médicaments homéopathiques, qui n'ont pas d'effets secondaires, c'est la catastrophe. Si le tube de granules vaut un peu plus d'un Euro, et vu le faible remboursement de ces produits, il faudra quasiment tout payer.

En temps que praticien, je ne sais pas ce que va faire la franchise sur les actes de kiné, ça n'augmentera pas le nombre de patients, c'est sûr. Mais vues les pratiques que j'utilise, les patients qui me connaissent, ils m'appellent et me consultent avant, éventuellement, de penser aux médecins.

Et si l'on s'intéressait davantage à ce que l'on appelle "les médecines douce : acupuncture, homéopathie, ostéopathie, microkinésithérapie, etc ?

Sur ce sujet, une étude allemande n'est pas très rassurante pour les traitements les plus courants dont la kiné "officielle".

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LE MONDE - Jean-Yves NAU :

(article paru dans l’édition du 28 septembre 2007)

Chez les personnes souffrant de lombalgies chroniques, l'acupuncture, qu'elle respecte les règles traditionnelles de la discipline ou qu'elle soit simplement simulée, est plus efficace que la prise de médicaments associée à la kinésithérapie. Telle est la surprenante conclusion d'une étude financée par les caisses d'assurance maladie allemandes et publiée, le 24 septembre, dans le Journal of the American Medical Association.

Ce résultat est le fruit d'un essai clinique très rigoureux qui a été mené sous la direction du docteur Michael Haake (université de Ratisbonne, Allemagne), auprès de 1 162 personnes qui souffraient de lombalgies depuis huit ans en moyenne.

Les participants ont été divisés en trois groupes de taille égale.

Dans le premier, les patients étaient pris en charge avec une acupuncture traditionnelle correspondant à la tradition chinoise.

Dans le deuxième groupe, on simulait simplement la pratique de l'acupuncture. Les aiguilles étaient placées sur la zone douloureuse, mais en dehors des "points" et "méridiens" traditionnels.

Le troisième groupe correspondait à une approche occidentale associant médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires et kinésithérapie.

Au total, après un minimum de dix séances chez les trois groupes, et six mois après le traitement, le taux d'efficacité a été respectivement de 47,6 %, 44,2 % et de 27,4 %.

Pour les auteurs de l'étude, l'efficacité comparable de la vraie et de la fausse acupuncture suggère que le simple fait d'avoir recours à la pose d'aiguilles intradermiques déclenche un mécanisme physiologique modifiant la genèse, la transmission et la perception des sensations douloureuses.

« Il s'agit là d'un travail particulièrement intéressant », estime le docteur Jean-Jacques Aulas, psychiatre au centre hospitalier et universitaire de Saint-Etienne (Loire), par ailleurs spécialiste des travaux concernant l'effet placebo. Le nombre des patients et les qualités méthodologiques de cet essai permettent d'en accepter les conclusions. « Il est fort regrettable, commente-t-il, qu'en France, contrairement à l'Allemagne, la Sécurité sociale n'apporte pas son concours financier à la réalisation de protocoles de recherche clinique aussi riches que pragmatiques. »

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Pour confirmer les propos notés au début, je conclus avec un autre article du Monde.

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LE MONDE - Sandrine BLANCHARD :

« UFC-Que choisir accuse "labos"
et médecins libéraux de Prescriptions irrationnelles" »

(article paru dans l'édition du 26.09.07)

A l'heure où le gouvernement annonce l'instauration de franchises médicales à la charge des assurés sociaux, l'association de consommateurs UFC-Que choisir accuse les laboratoires pharmaceutiques et les médecins libéraux de "miner les comptes de la Sécu".

Dans une étude qui analyse la prescription de trois classes de médicaments largement utilisés (antiulcéreux, anti-inflammatoires contre l'arthrose, antihypertension artérielle) rendue publique mardi 25 septembre, l'UFC-Que choisir conclut à "un immense gâchis résultant de prescriptions médicales manifestement irrationnelles".

"A service médical rendu équivalent, il serait logique que ce soit le médicament le moins cher qui soit prescrit : or, ce n'est pas le cas", résume Alain Bazot, président de l'UFC. Ainsi, par exemple, dans la classe des antiulcéreux, "l'évolution des dépenses est fortement influencée par le développement massif d'un produit commercialisé en 2003 qui non seulement n'apporte aucune amélioration par rapport aux génériques mais aussi coûte plus cher", souligne l'étude.

Entre 2002 et 2006, sur les trois classes thérapeutiques étudiées - soit 14 % des prescriptions annuelles - "le gâchis a coûté au minimum 650 millions d'euros à la Sécu", assure l'association.

En cause, selon elle : l'emprise des laboratoires pharmaceutiques sur l'information des médecins de ville, via les visiteurs médicaux (VRP de l'industrie qui viennent promouvoir les produits de leurs firmes dans les cabinets de ville) au détriment des recommandations fournies par les autorités sanitaires.

"Il ne s'agit pas de dire qu'il faut moins prescrire, mais de demander aux médecins pourquoi, à égalité d'efficacité, ce sont massivement les produits les plus chers qui sont prescrits", explique M. Bazot. "Avant de faire supporter aux patients de nouvelles mesures, il serait normal que les praticiens rendent des comptes sur la façon dont ils établissent leurs ordonnances", ajoute-t-il.

Pour tenter de "rééquilibrer les sources d'information" des médecins, l'UFC propose de créer un corps de 1 700 visiteurs médicaux "indépendants", sous la responsabilité de la Haute autorité de santé.

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