Votre santé n’est pas que l’affaire des blouses blanches, mais d’abord la vôtre. |
Manger sain, plus facile à dire qu’à faire...
(Février 2008)
Depuis quelques semaines, j'ai reçu quelques informations sur le bienfait de certains aliments, et le danger d'autres. J'en ai parlé aux personnes que je soigne, j'ai envoyé ces articles à des amis. Ceux qui lisent mon site ne seraient-il pas aussi mes amis. Cela m'a remis en mémoire une petite formule des anciens : "On devient ce que l'on mange, et si l'on mange de la merde..." Et merci à Sandrine Blanchard.
Article paru dans « Le Monde » du 22 janvier 2008 : « Manger sain, plus facile à dire qu’à faire » "Wouah !" lâche le docteur Laurent Chevallier en parcourant les rayons du supermarché. Ce nutritionniste, qui vient de publier « Impostures et vérités sur les aliments » (Fayard), a accepté de nous aider à remplir notre chariot en déjouant les pièges de la malbouffe. Objectif : santé. Il ne s'agit pas seulement de manger moins gras, moins sucré, moins salé, mais aussi de limiter la chimie dans notre assiette. Car, à moins de connaître par cœur les "apports nutritionnels journaliers recommandés" et de comprendre le nom de toutes les substances ajoutées dans les denrées transformées, décrypter la liste des ingrédients qui figurent sur les étiquettes ressemble à une gageure. Arômes, colorants (E100 à E180), conservateurs (E200 à E297), émulsifiants, épaississants, texturants (E400 à E495), exhausteurs de goût (E620 à E650), agents d'enrobage, édulcorants, stabilisants, pesticides... L'accumulation et l'association de tous ces additifs ont fini par créer, selon le nutritionniste, "des risques non maîtrisés sur la santé". Les enfants s'habituent au goût chimique des aliments, le tout sur fond de progression constante de l'obésité, du diabète et des maladies cardio-vasculaires. "Notre alimentation s'est plus transformée ces quarante dernières années qu'en vingt siècles", résume le docteur Chevallier. Jamais l'offre alimentaire n'a été aussi riche, la conservation des aliments aussi sûre, jamais les emballages n'ont affiché autant d'allégations "santé" ("riche en fer, en calcium", "pauvre en matières grasses", "bon pour la croissance"), mais jamais la médecine et le grand public ne se sont autant interrogés sur le contenu de nos assiettes. Au rayon des snacks pour l'apéritif, le médecin passe son chemin. "36 grammes de lipides pour 100 grammes", résume-t-il en montrant une boîte de petits fours au gouda et en fuyant les étagères de chips. Que faut-il prendre ? "Raisins de Corinthe, olives, noix ou petites tomates", conseille-t-il. Au rayon épicerie, seules les huiles de colza, de noix et d'olive extra-vierges trouvent grâce à ses yeux ainsi que les boîtes de tomates entières pelées. Pas question d'opter pour des sauces prêtes à l'emploi, de la purée en sachet ou des mayonnaises allégées. Quant aux soupes industrielles, "bien regarder le taux de lipides". Au rayon petit-déjeuner, désespoir : les interminables rangées de céréales sucrées, chocolatées, bourrées d'arômes et de sirop de glucose (ou pire : de glucose-fructose) posent, selon lui, "un vrai problème". Quant aux biscuits et viennoiseries industriels, "la liste des ingrédients est beaucoup trop longue pour ne pas être suspecte". Zoom sur un paquet de "brioche tranchée", où l'on explique que les céréales, "dont les brioches", sont la base indispensable de l'alimentation. Commentaire du médecin : "Il est bien indiqué qu'il y a 54 % de farine, mais lorsqu'il s'agit du sirop de glucose, des émulsifiants, des arômes et des colorants, les proportions ne sont plus affichées." Dans les linéaires de produits frais, le tri est vite fait. Les nuggets et autres "grignotes" de poulet, les bâtonnets de crabe (sans crabe) et les saucisses faussement "100 % pur porc" lui "foutent les jetons" : on ne sait plus ce que l'on mange. Devant l'interminable rayon de yaourts, desserts lactés et margarines, le nutritionniste est radical. Rien de mieux qu'un yaourt nature que l'on aromatisera soi-même. Quant aux margarines, pas la peine de se ruiner dans la "pro-active" à 6 euros : le beurre ou la margarine de base à 2 euros feront largement l'affaire. Rien ne sert non plus d'espérer affiner sa ligne en choisissant des produits "light". Proposés depuis les années 1980, les produits allégés en sucre ou en matière grasse agiraient comme "des leurres pour le cerveau". "Ils perturbent le contrôle de la faim, peuvent renforcer l'appétit pour le sucré et finalement entraîner une surconsommation alimentaire compensatrice", explique le docteur Chevallier. Bref, pour sa santé, mais aussi pour le porte-monnaie (l'"allégé" est souvent plus cher que l'"original"), autant mélanger un peu d'eau dans sa vinaigrette si on veut vraiment la rendre plus légère. En somme, il faudrait "réorienter son alimentation". D'abord, fuir les produits à l'interminable liste d'ingrédients. Ensuite, limiter sa consommation d'aliments transformés : presser ses oranges le matin, aromatiser son yaourt avec une confiture maison, prendre une boîte de tomates entières pelées pour assaisonner ses pâtes plutôt qu'une sauce industrielle bourrée de lipides. Pour les enfants, donner du pain et du chocolat, plus une compote maison pour le goûter, de la viande et du poisson plutôt qu'un "cordon bleu pané", augmenter sa ration quotidienne de fruits et légumes, etc. Les enfants élevés aux céréales le matin, aux nuggets à midi, aux biscuits fourrés à 4 heures et aux chips et boissons sucrées gazeuses devant la télé seraient les malades de demain. Pour l'heure, certains additifs alimentaires comme les colorants artificiels sont accusés, selon une étude britannique publiée en septembre dans The Lancet, de favoriser l'hyperactivité infantile. Et ne dites pas au docteur Chevallier que ses recettes coûtent cher. Même en termes de pouvoir d'achat, le consommateur aurait tout à gagner à limiter l'alimentation "complexifiée" et "suremballée". "Que ta nourriture soit ton premier médicament", disait Hippocrate, père de la médecine moderne. Cette phrase n'a pas pris une ride.
———————————————— Article de Sandrine Blanchard paru dans « Le Monde » du 23 janvier 2008 : « Le rôle des aliments » L'alimentation pourrait être un médicament, au moins préventif, contre le cancer. "J'ai appris énormément de choses avec ce livre. Et vous voulez que je vous dise un secret : j'ai changé mon alimentation et j'ai déjà perdu six kilos." Ce n'est pas un lecteur lambda, fan du nouveau best-seller de David Servan-Schreiber, qui parle ainsi. Mais le professeur Jean-Marie Andrieu, chef du service d'oncologie médicale à l'hôpital européen Georges-Pompidou. Jeudi 15 novembre, ce cancérologue était sur la scène de la Mutualité, à Paris, aux côtés du psychiatre venu promouvoir sa méthode Anticancer : prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles (éditions Robert Laffont, 360 pages, 21 euros), déjà vendu à plus de 250 000 exemplaires en un mois. Anonymes touchés par la maladie qui disent "retrouver espoir" grâce à cet ouvrage, mais aussi artistes (le comédien Bernard Giraudeau) et personnalités du monde médical (le professeur Jean-Marc Cosset, chef de service honoraire de radiothérapie à l'Institut Curie), il y avait foule pour écouter une heure durant la conférence du charismatique docteur Servan-Schreiber. Il a beau ne "pas être l'un des leurs", l'auteur du célèbre Guérir, surnommé "D2S", est parvenu à convaincre plusieurs cancérologues sur le volet alimentation de sa méthode. "Avant le mois de juillet, je ne le connaissais pas. Il m'a fait lire les épreuves de son livre, nous avons échangé des mails tout au long de l'été, et je trouve qu'il a fait tout seul, assez convenablement, le travail du Fonds mondial de recherche contre le cancer", raconte le professeur Andrieu. Hasard inespéré, ce fonds a publié début novembre un conséquent rapport sur le lien entre alimentation et cancer (Le Monde du 7 novembre), dont bon nombre de résultats rejoignent ceux de David Servan-Schreiber. "J'ai une chance incroyable", reconnaît le psychiatre, qui reprend largement les conclusions des chercheurs internationaux sur son nouveau site Internet anticancer.fr. "Oui, l'alimentation est le lit du cancer, c'est d'une clarté infernale, mais cela fout les jetons, car vous voyez changer vos habitudes alimentaires", résume le professeur Andrieu. Augmentation fulgurante de la consommation de sucre raffiné, déséquilibre entre oméga-6 et oméga-3, sédentarité : ce trio infernal aurait, depuis cinquante ans, une large part de responsabilité dans la prolifération de cancers qui touche les pays riches. "Notre mode de vie est une forme d'engrais pour le cancer", insiste le psychiatre. Trop de viande rouge, trop de sucre, pas assez de légumes et de fruits : tout serait à revoir dans nos habitudes alimentaires si l'on veut "renforcer nos mécanismes naturels de défense contre le cancer". Dans son ouvrage, David Servan-Schreiber révèle qu'il a lui-même été touché par la maladie. Une tumeur au cerveau, il y a quinze ans. Opération, chimiothérapie : "Les traitements conventionnels m'ont sauvé la vie", précise-t-il. Mais il n'a pas voulu en rester là et s'est mis à éplucher la littérature et à découvrir que "l'on peut aider son corps à lutter contre l'inflammation qui nourrit les cellules cancéreuses". "Nous assistons à une révolution - illustrée par le succès de ce livre : les Français s'intéressent à la prévention", estime Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer (INCA). "Alors il faut y aller, avec fermeté, il faut que les médecins s'y collent, mais il faut développer une prévention globale, car cela ne sert à rien de mieux manger si on continue à fumer ou à boire", insiste-t-il. "Il est logiquement temps de mener une campagne grand public sur alimentation et cancer", considère David Khayat. Ce devrait être chose faite courant 2008. "Nous allons sortir, avec la direction générale de la santé, un document "Vérités et mensonges sur alimentation et cancer" à l'attention du grand public", promet le professeur Maraninchi. Un dossier sur ce sujet, élaboré dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS), existe déjà depuis 2003, mais il faut beaucoup de perspicacité pour le dénicher sur le site Internet du ministère de la santé. David Servan-Schreiber, lui, a pris les devants et met à disposition, gratuitement, sur son site Internet, un petit cahier illustré de 16 pages sur "les réflexes anticancer au quotidien". Finalement, relativise David Khayat, professeur de cancérologie et ancien président de l'INCA, "le message de Servan-Schreiber est frappé au coin du bon sens : mangez mieux, bougez, évitez le stress, soyez plutôt heureux. Ce n'est pas un livre dangereux". Ces cancérologues relèvent néanmoins quelques excès ou raccourcis dans la méthode anticancer du psychiatre. L'analogie entre le romarin et l'anticancéreux Glivec ou encore l'affirmation selon laquelle le thé vert bloquerait l'invasion des tumeurs font sursauter le professeur Maraninchi. Sans parler de la question des compléments alimentaires, sur laquelle le Fonds mondial de recherche contre le cancer a clairement indiqué qu'ils n'étaient pas recommandés. Sur son site Internet, David Servan-Schreiber livre, en images, sa recette de petit déjeuner "anticancer". Une pomme bio, un yaourt nature au soja "sans sucre ajouté et sans huile hydrogénée", un filet de sirop d'agave, des graines de lin broyées et du gingembre, parce que, assure-t-il, "la molécule comprise dans cette racine contribue directement à la mort des cellules cancéreuses"...
———————————————— Il faut aussi se méfier des chewing-gums sans sucre...
Article de Sandrine Blanchard paru dans « Le Monde » du 12 janvier 2008 : « Attention aux surdoses de chewing-gums sans sucre » Les fumeurs qui tentent de calmer leur envie d'en griller une en mastiquant du chewing-gum ou, plus généralement, les adeptes de la gomme à mâcher sans sucre doivent se méfier des effets secondaires. Selon une étude publiée vendredi 11 janvier dans le British Medical Journal (BMJ), le sorbitol, un édulcorant contenu notamment dans les chewing-gums, provoque à haute dose des diarrhées importantes et une forte baisse de poids. Des gastro-entérologues allemands ont eu à traiter deux cas de malades : une femme de 21 ans souffrant de fortes douleurs abdominales depuis huit mois avait maigri de 11 kg, et un homme de 46 ans avait perdu en un an 22 kg, soit le cinquième de son poids. Dans un premier temps, les examens sont apparus normaux. En s'intéressant à l'alimentation de leurs patients, les médecins ont alors appris que la jeune femme consommait quotidiennement l'équivalent de 18 à 20 grammes de sorbitol (un chewing-gum en contient 1,25 gramme), et le monsieur mâchait environ 20 chewing-gums. L'arrêt de ce type de consommation a rapidement fait cesser les symptômes. ————————————————
A ce sujet, si vous parvenez à trouver des chewing-gums SANS ASPARTAME ni SORBITOL, n’hésitez pas à m’écrire pour m’en donner la marque, car, visiblement, en trouver tient quasiment de la quête du Graal...
|
---------------------------------------------------------------------------------------------------------- Réalisation : Les Mains de Masseur — Copyright © 2006-2013 Les Mains de Masseur.fr (Tous droits réservés) Site optimisé pour voyants et non-voyants (compatible synthèse vocale JAWS) |